Mamy

Comment vous écrire ce que je n'arrive même pas à dire tout bas. Comment vous expliquer ce qui m'empêche de dormir sans même que j'ai à y penser. Comment vous parler de ce que je déteste le plus et de celle que j'aimais en même temps...

Demain, nous lui dirons un dernier au revoir. Un adieu. Quel mot explicite "A Dieu". Je n'ai aucun doute là-dessus, je sais que c'est là qu'elle ira.
 
J'ai mal pour mes parents, pour ma famille, pour moi et pour vous, mes enfants. Vous ne vous en souviendrez sans doute pas, mais vous l'avez vu, plusieurs fois. Quelques photos sont là pour vous montrer cette arrière-grand-mère, plus tard. Mais je suis triste que vous ne l'ayez jamais connu comme moi je l'ai connue. Depuis quelques temps, son esprit l'avait abandonné. Cette fois, c'est son corps qui a dit qu'il n'en pouvait plus.

Je déteste cette maladie. Plus encore que ce vilain crabe. Cette maladie qui ne vous laisse aucun espoir, cette maladie dont la fin est encore plus terrible qu'on ne peut l'imaginer, cette maladie qui vous prend vos proches bien avant qu'ils soient vraiment parti. En tout cas, c'était mon impression, et pourtant aujourd'hui qu'elle s'en est vraiment allée, j'ai du mal. "C'est maintenant qu'elle est partie que l'on se rend compte de la place qu'elle prenait". Ce sont les mots de mon grand-père, qui pendant toutes ces dures années n'a jamais failli à sa tâche de s'occuper d'elle avec autant d'amour et de bienveillance qu'il est possible d'en donner.

Mais je voudrais surtout rendre hommage à sa vie, sa belle vie de femme, de mère et d'épouse dévouée. Je me souviens d'une femme discrète qui pourtant avait vécu et surmonté bon nombres d'épreuves. Calme et bienveillante mais qui savait se montrer ferme quand il le fallait. Je me souviens qu'elle me faisait faire des "toilettes de chat" dans une bassine posée dans la pièce intermédiaire. Je me souviens qu'elle me bordait dans ces draps Waikiki et du petit singe câlineur qu'elle me donnait pour m'endormir. Je me souviens de la soupe qu'elle préparait. Je me souviens des frites crues qu'elle nous laissait manger mon cousin et moi quand elle les préparait. Je me souviens de pleins de choses et pourtant j'ai l'impression de ne me souvenir de rien. Je voudrais "célébrer"  ma grand-mère, ma mamy; mais je ne sais pas comment m'y prendre, je ne sais pas comment lui rendre un hommage à la hauteur de la belle personne qu'elle était.

Alors je terminerais sur cette citation de Jean d'Ormesson "Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants".
 

Commentaires

  1. Les mots justes.. À peu de choses près, le même ressenti et cette douleur qui ne cesse d'être là... 💕

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